Les 4 étapes à respecter pour réaliser une semelle filante de fondation

La semelle filante est la fondation superficielle la plus courante en matière de construction. En effet, de par sa facilité de mise en œuvre, elle constitue la solution la plus simple et la plus économique, tout en garantissant la stabilité et la solidité de l’ouvrage. Suivez notre guide pour en savoir plus sur sa réalisation.

Étape 1 : S’assurer d’avoir toutes les données nécessaires en main

Avant de passer à la mise en œuvre, vous devez au préalable faire le point sur les éventuels détails de la semelle à réaliser :

Sa profondeur : comme tout type de fondation qui se respecte, le sol d’assise d’une semelle filante doit être placé à une profondeur suffisante pour échapper au gel. Cette profondeur varie d’une région à une autre avec pour facteurs influents l’altitude et la nature du sol. Il convient de noter qu’elle est de:

  • 50 cm pour la grande majorité du territoire français, plus précisément dans les basses altitudes (littoral, vallée et plaine)
  • 80 cm aux alentours de reliefs montagneux où le gel est modéré.
  • Au moins 1 mètre pour les zones montagneuses subissant un gel qualifié sévère.

Ses dimensions : pour être certain de pouvoir supporter les murs de soubassement, la largeur de la tranchée doit faire au moins 40 cm avec une hauteur strictement supérieure à 20 cm. Ces deux grandeurs doivent être proportionnelles. Ainsi dans le cas d’une maison individuelle, vous devez prévoir une fouille mesurant au minimum 25 cm de haut sur 50 cm de large.

Le dosage du béton : la valeur préconisée correspond à 350 kg de ciment par m³ de béton.

Ses armatures : conformément à la norme DTU 13.1, la réalisation d’une semelle filante nécessite des armatures de chaînage ayant une section de 1,6 cm² au minimum. Le ferraillage mis en place est donc de type S45 pourvu de quatre fils HA8 (Haute Adhérence).

Les outils requis : le choix est dicté par l’importance de la fouille. S’il s’agit d’une petite tranchée, une pelle et une pioche feront l’affaire. Dans le cas contraire, il est nécessaire de recourir à une trancheuse de sol ou à une mini-pelleteuse.

Étape 2 : Tracer l’emprise au sol et creuser la fouille

Avant toute activité, un décapage de la terre végétale s’impose sur 20 cm de profondeur. Puis vient la délimitation de l’emplacement de la semelle, elle consiste à tendre des cordeaux entre les points de repère et d’effectuer le tracé de la fondation à l’aide d’une bombe à peinture. Ensuite, vous devez décaisser le sol du volume de la future semelle. Quand vous procéderez au creusement, n’oubliez pas de prévoir le surplus d’épaisseur dédié aux planches de coffrage.

Étape 3 : Niveler le fond de la tranchée et procéder au ferraillage

Cette étape consiste à bien égaliser et à damer le fond de la fouille en veillant à une parfaite planéité (le recours à un niveau à bulle est nécessaire). Vous devez ensuite y verser sur 4 cm d’épaisseur une couche de béton de propreté dosé à 150 kg/m³. Vous pouvez par la suite positionner les armatures (3 à 6 filants) suivant l’axe des murs tracé préalablement à la surface du béton en veillant surtout à :

  • un surélèvement de 4 à 5 cm via des cales spéciales en plastique, de planelles ou d’éclats de parpaing pour éviter le contact direct avec le béton.
  • Une bonne continuité des aciers en disposant des équerres de liaison à chaque angle.
  • Une bonne ligature : fixez les armatures au moyen de fils de fer en vue d’une meilleure stabilité au moment du coulage.

Étape 4 : couler le béton et réaliser la finition

Une fois les armatures prêtes, vous pouvez enfin les enrober totalement de béton armé. Munissez-vous d’une aiguille vibrante pour assurer la bonne répartition et compacité de la préparation. Puis, mettez la surface supérieure du béton à niveau en passant la règle de maçon. Pour une bonne régularité, il ne vous restera plus qu’à talocher et à lisser la surface en guise de finition. Comptez ensuite 24 à 48 heures pour le séchage.